facebook

La Ville Des Cayes

News

 Breaking News

Le travail des enfants au menu d’un débat aux Cayes

juin 27
11:54 2009

se sont penchés sur la problématique du travail des enfants. Des échanges qui se sont déroulés le 12 juin, dans le Centre Multimédia des Cayes.

« A cause de la misère qui règne dans le pays, des enfants qui devaient se retrouver en salles de classe sont soumis à des travaux qui sont incompatibles avec leurs âges, à travers le département du Sud. Seul un système éducatif qui prend en compte l’éducation des enfants puisse changer cette situation », a signalé le directeur départemental du Ministère de des Affaires Sociales et du Travail (MAST), Yves Jean Charles.

Le directeur départemental du Ministère intervenait en effet à une conférence-débats organisée dans le cadre de la célébration de la Journée international contre le travail des enfants. Elle s’inscrivait dans le cadre des activités de la quinzaine de l’enfance qui se déroulait autour du thème : «donnons aux enfants toute leur importance dans la société ».

La conférence a eu pour objectif de sensibiliser les participants sur les problèmes auxquels font face les enfants à travers le pays, plus spécialement dans le Sud. Le thème a été choisi pour interpeller la conscience de tous les citoyens en vue de les porter à faire preuve d’un comportement plus responsable à l’égard des enfants.

Cette activité a démarré par une projection réalisée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) montrant, chiffres à l’appui, des milliers d’enfants qui souffrent à travers le monde sans recevoir aucune forme d’éducation. Et selon Enel André, travailleur social à l’Institut de Bien-Etre et de Recherche (ISBESR), « partout dans le monde, plus de 2 millions d’enfants travaillent et en Haïti près de 300 mille sont en domesticité (Restaveks) ». Une situation incompatible avec les conventions 138 et 182 de l’OIT.

M. André de préciser que cette année, « la journée est consacrée aux filles puisqu’elles sont les plus vulnérables dans notre société et ce sont elles qui subissent les pires traitements». Il a rappelé que cette journée a été célébrée pour la première fois en 2002 par l’OIT en vue de « dire non aux travaux des enfants et permettre à tout le monde de mettre la main à la pate de façon à sortir les enfants de cette ignoble et infâme situation ».

Autre aspect au menu des débats, a été la convention 138 de l’OIT adoptée en 1973, sur laquelle intervenait Serge Delille, de la Section des Droits de l’homme du Bureau régional de la MINUSTAH aux Cayes. Une convention qui a été ratifiée en 2007 par l’Etat haïtien. Me Delille a signalé que l’un des buts de cette convention était de résumer l’ensemble des conventions déjà existantes en vue de donner une nouvelle orientation à la question d’âge minimum de travail des enfants.

Selon Me Delille, cette convention a aussi pour objectif d’éliminer le travail des enfants, le cas échéant, fournir de l’encadrement et de la protection à ces derniers au cas où ils travaillent. La convention 138 de l’OIT a d’ailleurs fixé à 15 ans, l’âge minimum de travail des enfants. Toutefois, renseigne-t-il, tout dépend du pays, notamment de son niveau économique et éducatif, l’âge de travail peut être modifié et fixé à 14 ans.

Si le travail est dangereux, l’âge minimum est de 18 ans. En Haïti, l’âge minimum est de 14 ans, mais « le gouvernement dispose de la possibilité d’autoriser que des enfants de 12 ans puissent travailler ». L’intervenant a fait remarquer que « la ratification de cette convention est foncièrement contraignante. Tout pays qui la ratifie doit faire des efforts pour la respecter ».

Quant au chef de la Section Justice du Bureau régional de la MINUSTAH, Issa Toure, il intervenait sur la convention 182 de l’OIT portant sur l’ « élimination des pires formes de travail des enfants ». Dans le cas d’Haïti, les cas les plus durs, ce sont ceux des enfants en service (RESTAVEKS), la traite des enfants et la prostitution, souligne-t-il.

Il a indiqué que la convention 182, ratifiée le 14 mai 2007, définit un enfant comme toute personne âgée de moins de 18 ans. Et à l’époque de la ratification de cette convention, beaucoup d’enfants travaillaient en dessous de l’âge fixé par la convention 138. Ces travaux, étaient moralement et juridiquement inacceptables, de l’avis de Me Toure qui a en outre déclaré que « cette convention voulait bannir l’exploitation des enfants dans des conflits armés, dans les services militaires et à des fins sexuelles ».

Cette convention fait obligation à tout Etat signataire d’assurer la formation et l’éducation des enfants pour qu’ils puissent devenir des citoyens. A l’instar de Me Delille, Me Toure a fait observer que « lorsqu’un Etat ratifie cette convention, il a des obligations. Il doit s’efforcer de prendre en compte les prescrits de cette convention pour éviter des sanctions pénales ».

La conférence-débats sur le travail des enfants a pris fin avec la projection d’un film titré : (RESTAVEK-TIMOUN ESKLAV) qui mettait en exergue les péripéties des enfants en domesticité. Elle été organisée à l’initiative de la Section des Droits de l’Homme du Bureau régional de la MINUSTAH, la Direction départementale du Ministère des Affaires Sociales et du Travail et le Bureau de l’Institut de Bien-Etre social et de Recherche (ISBESR).

Facebook Comments

About Author

Les Cayes

Les Cayes

Related Articles

Connect with:




money transfer