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Haïti: Le festival de la rivière sous les étoiles

août 12
14:27 2009

Ont performé sur la scène élevée sur un terrain deux fois plus grand qu’un terrain de football : Rock Fam, Kreyòl la, Steel Groove, Vétivert, Kayimit Kreyòl (théâtre), Eclair Dance, Feell Dance, Fòlklò Kavayon, Chacha, Rara Fanm, Defi Mizik, Dekwat RAP, Big RAP, BS RAP.

Au bord de l’eau, certains festivaliers ont monté leur tente. Ainsi, pouvaient-ils mieux jouir de la fête de cette rivière reposante qui aime bien quand des gens se pressent sur ses bords et l’honorent. De la manière dont elle coule, on dirait que la musique adoucit ses moeurs sauvages. Pourtant l’habit ne fait pas le moine. Selon l’Association des Etudiants et Universitaires de Cavaillon d’Haïti (AEUCAH), la rivière de Cavaillon cause de nombreux méfaits sur l’environnement.

Et les habitants de cette commune sont désarmés face à ses menaces. Mais dans une ambiance festive, les festivaliers ne s’en soucient guère. Le temps est à la fête. On se baigne pendant la journée ; la nuit, on danse. Quelques rares baigneurs plongent dans la rivière à minuit, à l’heure où la lune argente les flots.

Le festival de la rivière a connu ses intervalles de folle ambiance avec Rock Fanm. Les stars de ce groupe ont retenu le public jusqu’à quatre heures du matin. Saoulés par les tubes de ce jeune groupe de RAP créole, les jeunes ont ondulé de plaisirs sous les rythmes de RockFanm, un groupe qui inspire les jeunes rappeurs cavaillonnais. Beaucoup d’entre eux veulent marcher sur ses traces. Plusieurs groupes de tendance rap évoluant à Cavaillon, comme Big rap, BS RAP, ont profité de ce festival annuel pour jouer leur musique devant une foule qui se déploie sur un espace aussi vaste que deux terrains de football.

Samona ou le plaisir de danser

La grande foule a découvert et a dansé Kreyòl la. Sous les décibels de Kompa Kreyòl, les fans du compas ont retrouvé leurs pas. Ils ont repris les refrains d’un ti Djo Zenny qui, lui aussi, était complètement sous le charme de Samona, une petite cavaillonnaise de six ans. Petite boule d’énergie, Samona ne se fatiguait pas à danser les morceaux de Kreyòl la jusqu’à trois heures du matin.

Même lorsque ti Djo Zenny la priait d’aller rejoindre ses parents, Samona faisait un petit détour et revenait sur la scène. Pour le plaisir du spectacle. Pour l’ivresse de danser du bon compas.

Présente l’année dernière au festival de la rivière, le groupe Rara Fanm est revenu à Cavaillon pour faire danser et attirer l’attention du public. A chaque prestation de ce groupe, c’est la faculté d’étonner des hommes et des femmes qui est en éveil.

Dieuveula Etienne a profité de l’occasion pour annoncer la parution de « AWOYO », l’album du groupe, à la fin du mois d’août, ses concerts à Jérémie et dans le nord au cours du mois de septembre. Elle a signalé plus loin la parution d’un nouveau vidéoclip promotionnel de l’album au début du mois de septembre, des ateliers de chants et de percussion dans leurs locaux au profit des jeunes filles. « Tout cela, dit-elle, a eu le soutien financier du centre de Gestion des fonds locaux de la coopération canadienne en Haïti. »

Steel Groove venu de Paris

Un groupe de compas, Steel Groove, animé par des jeunes musiciens haïtiens vivant à Paris, a communiqué le feeling du compas sous les étoiles de Cavaillon. Steel Groove a puisé les tubes de compas qui marchent actuellement, notamment dans le répertoire de Nu Look.

Le lead vocal de Steel Groove, Black Pépé, campe et chante sur scène à la manière de Gazman Couleurs et de Gracia Delva. Black Pépé a déclaré qu’en décembre prochain les onze musiciens du groupe rentrent à Port-au-Prince pour montrer leur talent.

Pour sa part, Abner Prudent, le bassiste, a fait savoir que cet ensemble musical a huit ans d’existence. A leur actif : trois albums live et un en studio. Les Cavaillonnais ont salué la prestation de cette formation qui a honoré la ville de sa présence. « Ils sont venus de si loin pour nous », jubilait une jeune fille. Pour elle, Cavaillon, grâce ses trois hôtels et ce festival, est en train de se placer sur la carte du tourisme local.

Théâtre et hilarité

Côté théâtre, une pièce, « Lakay se lakay », du groupe Kayimit Kreyòl qui emprunte beaucoup aux formules de Jesifra et de tonton Bicha, a fait rire à gorge déployée le public. Un jeune homme, Dyobolo, entraîné par d’autres jeunes en quête d’une vie meilleure à l’étranger, a eu la vie sauve de justesse, et comment ? Le marin ne voulait pas recevoir dans l’embarcation cinq cent un passagers. Ce jour-là, les cinq cents passagers qui se rendaient à Nassau périrent en mer, dont un des amis de Dyobolo.

Après cette tragédie, Dyobolo donne à sa vie un autre sens, une autre direction. Il se demande pourquoi ses compatriotes passent leur temps à se plaindre, alors que dans son pays, il y a des ressources comme l’eau, de bonnes terres. Il va se battre et sensibiliser d’autres jeunes comme lui à prendre leur vie en main.

Le Festival de la rivière, comme d’autres événements en Haïti qui rassemblent la grande foule, contribuent à l’enrichissement de la culture. Cependant, ce festival doit diversifier sa programmation et mettre à point la sonorisation lors de la prochaine édition. Les organisateurs disent que ce genre de difficultés est dû à leur maigre budget.

Claude Bernard Sérant
[email protected]

Coutoisie Nouvelliste

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