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Craintes de famine après le passage de l’ouragan Matthew

Craintes de famine après le passage de l’ouragan Matthew
octobre 14
19:58 2016

La destruction des cultures par l’ouragan Matthew qui a ravagé le Sud fertile d’Haïti la semaine dernière met 100.000 enfants en danger de malnutrition sévère, ont indiqué les Nations unies vendredi.
Si Haïti importe la moitié de ses besoins alimentaires, l’essentiel de la production agricole est localisée dans le sud du pays. En outre, la moitié de la population était déjà en
sous-nutrition avant le passage de l’ouragan.
Matthew, qui a fait 1.000 morts et 175.000 sans-abri, a non seulement détruit des stocks alimentaires et rempli les champs d’eau de mer et de déchets, mais il a aussi déraciné des
plantations de cacao, de café et d’arbres fruitiers, des cultures qui sont exportées et qui rapportent des devises.
Selon les experts, il faudra au moins cinq ans pour qu’elles reviennent à maturité.
« C’est dévastateur. Il se pourrait que nous ayons une famine dans six mois », commente Yvonne Helle, directrice du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à Haïti.
Selon un premier bilan provisoire, 60% à 80% des récoltes ont été perdues dans les zones touchées par l’ouragan, précise Yvonne Helle. Les plantations de mangue, une des principales
exportations d’Haïti, ont été très endommagées, souligne-t-elle.
A Saint-Jean-du-Sud, Paul Joseph Maxel, un agriculteur de 75 ans, dit avoir perdu la quasi-totalité de ses 20 manguiers sur la propriété de six hectares qu’il dirige. Ses avocatiers et ses
cocotiers ont eux aussi été balayés.
Devant la tente que ses enfants, qui vivent à Port-au-Prince, lui ont achetée et qu’ils ont dressée à côté de sa maison endommagée, Paul Joseph Maxel dit espérer de l’aide
pour reconstruire son exploitation.
Le sentier qui mène chez lui, accessible seulement à pied,est jonché de noix de coco et de mangues abîmées tombées des arbres déracinés.
De l’autre côté de la colline, Auguste Donnay, étudiant en agronomie, est assis devant sa maison dont le toit s’est envolé.
Le sol est couvert de tronc d’arbres. Il demande qu’on aide les agriculteurs à redémarrer.
« S’ils doivent le faire seuls, beaucoup mourront (…) de faim », estime Auguste Donnay, qui a 30 ans. Il souligne que ce sont les agriculteurs de sa région qui nourrissent la capitale.
Pour Hervil Cherubin, qui dirige l’ONG d’aide à l’agriculture Heifer International pour Haïti, le désastre pourra peut-être être évité si l’aide est activée rapidement.
« Il faut que les gens aient accès aux semences rapidement », dit-il.

(Danielle Rouquié pour le service français) Reuters

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