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Les vaccinés contre le choléra aux Cayes

Les vaccinés contre le choléra aux Cayes
novembre 10
17:47 2016

Patricia Doris, 21 ans, a pris ce mardi sa première dose de vaccin anticholérique administrée par voie orale. Son bébé, âgé de deux ans, lui aussi a pris sa dose. Henri Emmanuel, un quadragénaire de Morency, lui a également emboîté le pas. « Prekosyon pa kapon », a-t-il lâché dans la cour de la direction sanitaire du département du Sud où la ministre de la Santé publique et de la Population, le Dr Daphné Benoît Delsoin, et les partenaires du MSPP (UNICEF, OPS/OMS, International medical corp) viennent de lancer la campagne de vaccination contre le choléra dans la ville des Cayes. Elle a administré sous le regard du public le vaccin à une jeune fille.

Pour s’immuniser contre le vibrio cholerae, le député de Port-Salut, le Dr Sinal Bertrand, lui aussi, a pris une gorgée de la solution vaccinale. Sous l’œil du représentant de l’OPS, OMS, le Dr Jean Luc Poncelet, le parlementaire a fait le geste qui a incité d’autres personnes à le suivre.

Le Dr Delsoin a prévenu que ce vaccin est tout simplement une mesure complémentaire qui ne saurait remplacer les principes d’hygiène pour vivre sainement.

Jean, un jeune revenu de l’école, raconte que des agents de la santé sont venus le sensibiliser. Ces derniers lui ont dit qu’un vaccin est disponible pour renforcer son système immunitaire contre « cette maladie diarrhéique aiguë, dont on peut mourir en quelques heures en l’absence de traitement ». Il ne s’est pas fait prier.

La réalité invite à la prudence. Le directeur départemental du Sud, le Dr Cliford Gauthier, a expliqué au lancement qui a réuni les représentants de la mairie, la PNH, les leaders communautaires, qu’« après l’ouragan Matthew, on a enregistré une flambée de plus de 1 200 cas dans le département ». De plus, a-t-il souligné, « les conditions socioéconomiques précaires de la population sont les facteurs qui favorisent le choléra. Les problèmes liés à l’approvisionnement en eau, la forte concentration et la promiscuité de la population associées à une hygiène défectueuse » sont autant de facteurs qui favorisent l’épidémie.

Jocelène Clergé, 45 ans, native de Port-Salut, mère de quatre enfants, est venue prendre son vaccin. Son petit garçon, en uniforme, refuse la dose. Elle essaie de le convaincre en sortant de son imaginaire une panoplie d’images funestes du choléra pour provoquer la peur chez lui.

« Il va prendre le vaccin. Tout le monde chez moi sera vacciné. Si c’est la solution, mes quatre enfants seront épargnés. J’ai deux enfants aux Cayes et deux autres à Port-Salut chez mes parents, eux aussi seront vaccinés », déclare-t-elle fermement.

Magalie Maurice, une Cavaillonnaise de 40 ans, veut aussi casser la chaîne de transmission de l’épidémie.

Mme Joseph a peur de cette maladie qui a fait des milliers de victimes en Haïti depuis son apparition dans les départements du Centre et de l’Artibonite en octobre 2010.

Cette menace pour la santé publique, cet indicateur de l’absence d’équité et de l’insuffisance du développement social, pour l’infirmière Rose-Émeline Laurore, qui consacre sa journée à administrer des doses, peut être contrecarrée dans une certaine mesure par le vaccin. « Nous sommes un pays vulnérable. C’est une bonne chose de vacciner les gens. Même si le vaccin ne remplace pas les mesures d’hygiène. »

Le ministère de la Santé publique a pris un engagement de vacciner environ 800 000 personnes, selon le directeur du programme élargi de vaccination, le Dr Jeannot François. Un pas franchi pour éliminer le choléra d’ici 2022.

Claude Bernard Sérant source le nouvelliste

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