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La FAO et le ministère de l’Agriculture viennent en aide aux planteurs dans la Grand’ Anse et le Sud

La FAO et le ministère de l’Agriculture viennent en aide aux planteurs dans la Grand’ Anse et le Sud
février 15
07:23 2017

Lancement de la campagne de printemps Toujours en appui aux interventions du ministère de l’Agriculture dans le Sud et la Grand’Anse, dévastés par l’ouragan Matthew en octobre dernier, l’Organisation des Nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé du 7 au 10 février, une série de distributions de semences (haricots, maïs), et de boutures de patate douce, à plus de 10 000 familles. Ces denrées, cultivées habituellement sur une courte durée ne dépassant pas trois mois, ont été livrées au tout début de la campagne de printemps de cette année, pour lutter contre l’insécurité alimentaire, exacerbée ces quatre derniers mois.

« La saison de printemps, la plus grande saison de production agricole pour le pays, doit à tout prix être sauvée ». C’est la mission que s’est donnée l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui, en soutien au ministère de l’Agriculture, poursuit son assistance semencière aux ménages agricoles affectés par l’ouragan Matthew. Avec pour objectif cette fois de permettre à plus de familles de gagner un peu d’argent dans les trois mois à venir en fructifiant leurs parcelles au lieu de rester dans l’attente de l’aide humanitaire d’urgence. Si des pertes estimées à plus d’un milliard de gourdes ont été enregistrées après le passage de l’ouragan, c’est le secteur agricole qui a payé le plus lourd tribut. « Des semences de haricots (22.5 tonnes), de pois de souche (22.5 tonnes), de maïs (33 tonnes) ainsi que des légumes ont été mis à la disposition des petits planteurs les plus vulnérables pour s’assurer qu’ils produisent de quoi nourrir leurs familles dans les trois mois à venir. Et éviter qu’ils ne connaissent à nouveau les rigueurs de la famine », a déclaré l’agronome Mikerlange Balmir, coordonnateur de la FAO dans la Grand’Anse.

Cette aide aux planteurs dans les départements du Sud et de la Grand’ Anse cible les plus « vulnérables » dans les « communes durement touchées par l’ouragan Matthew » en octobre dernier. Ces ménages agricoles qui ont tout perdu. Plantations, bétail, maisons emportées par les eaux et les rafales de vents. Ils ont répondu présent. Majoritairement des jeunes femmes, ils étaient en effet plusieurs dizaines amassés à chaque point de distribution pour recevoir les semences. Considérées comme une solution-miracle par certains cultivateurs.

Certains planteurs n’ont pas pu cacher leur joie de recevoir ces semences de graminées qui, après trois mois, si tout se passe bien, seront déjà prêtes pour la récolte. Dans chaque commune où les camions de semences de la FAO stationnent, ils font le pied de grue dans les files d’attente, réclamant le petit sac contenant une marmite de haricots, une marmite de pois de souche et une de maïs. Plutôt satisfaits et nourrissant l’espoir d’une bonne récolte si au moins il pleut, des cultivateurs de la commune des Abricots (deux heures de voiture de la ville de Jérémie) entrevoient 15 à 20 marmites à la récolte pour chaque marmite de semences de haricots ou de pois de souche mise en terre. Ils étaient 1 500, d’après une liste dressée par la FAO, à se bousculer, sous un soleil de plomb, près de deux camions, les personnes âgées, les femmes enceintes et les filles n’étaient pas priorisées.Mais ils ont pu récupérer leurs semences. Et repartir avec espoir.

Wislène Laguerre s’était déjà payé les services d’une escouade pour labourer son lopin de terre. Elle attendait ces semences, maintenant c’est après la pluie qu’elle court, car la survie de ses trois enfants, dit-elle, dépend de cette récolte. Germain Rigaud, un voisin, affirme que ces semences ne lui suffiront pas. Qu’il compte en acheter davantage. «Car, avance-t-il, le haricot se prépare dans deux mois. Je peux gagner un peu d’argent vite fait ». Le directeur départemental de l’Agriculture pour la Grand’ Anse, Vladimir Jean-Robert Potgony, rencontré sur un autre site de distribution, espère qu’il va pleuvoir cette année, assez pour que les récoltes des planteurs soient abondantes. Plus optimiste que croyant, l’agronome Vladimir Jean avance qu’on peut s’attendre au pire pour la Grand’ Anse s’il ne pleut pas. Si la campagne de printemps ne porte pas les fruits qu’on attend. Car « la Grand‘ Anse a un régime pluvial. Il n’y a pas de système d’irrigation», fait-il remarquer. Après avoir distribué à 450 familles vivant à Gatineau, 4e section communale de Jérémie, les semences données par la FAO, il souligne combien ce pari est grand, que c’est la plus grande saison de production et de récolte. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), dit-il, va tout faire pour supporter la production en donnant une assistance technique aux petits planteurs, car si la récolte n’est pas abondante la famine va s’aggraver », a-t-il indiqué.

Distribution de semences dans le Sud

Dans la commune de Chardonnières, sur la côte Sud, la distribution était mieux organisée. 400 familles regroupées suivant leur quartier. Chacun, à l’appel de son nom, se présente pour recueillir une marmite de pois noir, une marmite de maïs et 500 boutures de patate douce. Le même objectif demeure, selon l’agronome Dol, coordonnateur FAO dans le Sud : « Accompagner les planteurs pour qu’ils produisent de quoi se nourrir rapidement afin de réduire la famine.»

Dans cette commune bâtie sur le littoral, beaucoup plus exposée aux rafales de vents qui soufflaient lors du passage de l’ouragan, peu de maisons tiennent encore debout et sont recouvertes d’une couche épaisse de poussière. Les quelques arbres qui ont resisté commencent à bourgeonner mais pas suffisamment pour rafraichir l’air chaud envoyé par les grandes vagues. Toutefois beaucoup de gens, comme Michel Prévoy (73 ans), sont venus, le sourire aux lèvres, chercher les semences. Ils espèrent tous une grande récolte d’environ 20 marmites pour chaque marmite de haricots plantés, moyennant qu’il pleuve. Selon eux, la marmite de haricots se vend à 400 gourdes sur le marché. Alors avec un rendement pareil, ils entrevoient d’énormes bénéfices. Toutefois, ils ont sollicité de la FAO des semences de « pois congo » qui, selon eux, est très comestible et peut être cultivé dans des sols arides.

Ricardot Lambert source le nouvelliste

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