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Le Sénat vote pour l’état d’urgence dans le grand Sud

Le Sénat vote pour l’état d’urgence dans le grand Sud
mai 04
07:01 2017

Les dernières pluies qui se sont abattues sur plusieurs régions du pays n’ont pas laissé les sénateurs indifférents. Réunis en séance plénière le mercredi 3 mai 2017, les pairs conscrits ont adopté à l’unanimité une résolution demandant à l’Exécutif de déclarer l’état d’urgence dans la région du grand Sud constituée des départements du Sud, du Sud-Est, de la Grand’Anse et des Nippes et l’urgence environnementale à l’échelle nationale.

Les quelques heures de pluies diluviennes qui se sont abattues sur plusieurs régions du pays ont une fois de plus mis à nu la vulnérabilité du pays sur le plan environnemental. Même l’Aéroport Toussaint Louverture, la porte d’entrée du pays, n’est pas épargné. Les images de l’aéroport qui font la une des réseaux sociaux sont symptomatiques de notre degré de vulnérabilité. Face à une telle situation, les sénateurs, réunis en séance le mercredi 3 mai, n’ont pas voulu faire la sourde oreille en adoptant une résolution invitant le pouvoir exécutif à déclarer l’état d’urgence dans la région du grand Sud doublement victime du cyclone Matthew et des dernières pluies torrentielles venant compliquer davantage la situation de cette région.

Dans la résolution introduite par un groupe sénateurs, pour la plupart, originaire du grand Sud, il est demandé à l’exécutif de déclarer l’état d’urgence dans les départements constituant la région du Grand Sud (Sud, Sud-est, Grande’Anse et Nippes) et l’urgence environnementale pour tout le reste du pays. En ce sens, il est aussi demandé à l’Exécutif, dans le cadre de cette résolution, d’élaborer et de mettre en oeuvre un plan d’urgence environnementale à l’échelle nationale.

S’il est vrai que l’état d’urgence n’est pas réclamé pour toutes les zones frappées par les dernières pluies diluviennes, il est toutefois souhaité, à travers cette résolution du Sénat, que des mesures spécifiques soient prises pour venir en aide aux différentes communes touchées dans les autres départements. Le sénat, dans le cadre de sa mission de contrôle, exige qu’à travers cet état d’urgence, un plan opérationnel budgétisé soit soumis au Parlement par l’Exécutif qui doit s’assujettir au contrôle strict des commissions appelant à travailler sur les dépenses afférentes à l’état d’urgence et l’urgence environnementale.

En octobre 2016, la région du grand Sud a été sévèrement touchée par le cyclone Matthew, mais le gouvernement de transition d’alors n’avait pas jugé opportun de déclarer l’état d’urgence. « Pour ne pas livrer le pays aux ONG et refaire l’expérience de l’après 12 janvier 2010 », disait Jocelerme Privert pour expliquer sa décision. Tout récemment, des sinistrés de Matthew ont fait face à une situation de disette dans la Grand ‘Anse et les plus hautes autorités du pays s’y étaient rendues en vue de constater la réalité. L’idée de l’état d’urgence réclamé par le Sénat est donc bienvenue pour cette population qui croupit jusque-là dans la misère postcyclonique.

Il faut toutefois rappeler que « déclarer l’état d’urgence » selon les prescrits légaux relève des prérogatives de l’Exécutif, particulièrement du président de la République. À ce niveau, le Sénat a joué sa partition. La balle est maintenant dans le camp de l’Exécutif. À lui de décider de la suite à donner à cette résolution du Sénat, dans ce pays, le nôtre, où tout est urgent.

Noclès Débréus

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