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L’INFP veut s’inspirer du modèle brésilien

L’INFP veut s’inspirer du modèle brésilien
juillet 15
10:31 2017

Fort-Liberté, les Cayes et St-Marc accueilleront d’ici 2018 trois nouveaux centres de formation professionnelle. Mécanique automobile, construction civile incluant électricité bâtiments domestique et commercial, réfrigération et climatisation, métal-mécanique, technologie de l’information et de la communication, couture industrielle, boiserie destinée aux mobiliers, telles sont les filières ciblées par ce projet baptisé « Soutien à l’enseignement technique et professionnel, et à la formation en Haïti », dont la mise en œuvre sera assurée par l’INFP et le Service national d’apprentissage industriel (SENAI), à travers l’Agence brésilienne de coopération (ABC).

Doter le pays de centres de formation modernes, c’est le défi de la directrice générale de l’Institut national de la formation professionnelle (INFP), actuellement en visite officielle sur le sol brésilien. Chez le géant de l’Amérique du Sud, Maguy Durcé, accompagnée de son directeur de la Planification et de la Coopération externe, Cajuste Charlorin, et du président de la Chambre de commerce du Sud Pierre Antoine Borgat, met tout son poids dans la balance en vue de persuader les gérants du Fonds de la reconstruction d’Haïti (FRH) sur la capacité de l’INFP à piloter le projet comprenant la construction d’infrastructures, le développement de cursus, la formation de formateurs dont le montant s’élève à 17 millions de dollars américains.
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« Ces fonds étaient préalablement destinés à construire un seul centre de référence dans le département du Sud sévèrement frappé par l’ouragan Matthew. Alors qu’on peut en construire 3 avec cette même enveloppe », indique Maguy Durcé. Il faut aller vite. Et très vite. Les rencontres se multiplient à longueur de journée. Devant le coordonnateur résident du système des Nations unies au Brésil, Niky Fabiancic, apparemment méfiant et prudent, entouré d’autres personnalités impliquées dans les échanges, la responsable de l’INFP présente la formation professionnelle et technique comme l’une des pierres angulaires de développement durable de son pays, le plus pauvre de la région. « Appuyer le système de formation professionnelle est fondamental certes, mais le plus préoccupant c’est la soutenabilité de ce projet », souligne Niky Fabiancic, qui accepte finalement de revoir l’affectation de ce fonds tel que voulu par l’INFP.

« 17 millions pour financer la formation professionnelle, oui, et après … »

Si le PNUD consent le décaissement des 17 millions d’une part, toutes les mesures sont prises d’autre part pour garantir la viabilité du projet. Le Service national d’apprentissage industriel (SENAI), un des principaux piliers du système de formation professionnelle du Brésil, intervient dans l’élaboration des programmes et l’accompagnement des formateurs sur une période non encore déterminée. Alors que Programme des Nations unies pour le développement se charge du financement des infrastructures et des équipements par le biais de l’Agence brésilienne de coopération (ABC).

Ici, au Brésil, la formation professionnelle et technique se trouve au cœur des stratégies de développement définies par l’Etat, avec la participation active du secteur privé qui joue un rôle incontournable dans l’élaboration des cursus et le financement des études. À Porto Alegre, la capitale de Rio Grande do Sul, État situé au sud du Brésil comme son nom l’indique, la directrice générale de l’INFP, en quête d’un modèle inspirant, arpente les centres de formation professionnelle et les instituts les plus côtés du pays.

Au centre de formation Professionnelle SENAI de construction civile, elle découvre des élèves de niveau secondaire en pleine séance de pratique dans des salles équipées de matériel approprié et fonctionnel. Le centre, qui héberge plus de 400 apprenants, est doté d’un laboratoire destiné à tester la qualité des matériaux de construction.

L’une des plus impressionnantes découvertes de l’ancienne ministre du Commerce et de l’Industrie, après avoir visité le complexe de l’Institut SENAI d’innovation et de solutions intégrées en métalo-mécanique qui s’étend sur plus de 17 000 mètres carrés, c’est l’Institut SENAI de technologie, destiné aux travaux de boiserie et la fabrication des meubles. Devant cet univers, madame Durcé ne peut plus retenir son souffle. « Wow ! Wow ! Wow ! Brésil ale vre !», s’exclame-t-elle. À chaque discipline, des laboratoires modernes. La robotique est omniprésente. C’est un imposant complexe placé à plus de 900 mètres d’altitude qui accueille celle qui se donne pour mission de restructurer le système de la formation professionnelle et technique en Haïti. Ce sont des apprenants de 16 à 22 ans qui pilotent des systèmes d’usinage placés au sein même du complexe. En moins de deux ans de formation, ils maîtrisent la programmation des systèmes automatisés. « À Bento Gonçalves, cette petite ville de 120 000 habitants, l’industrie du bois qui compte aujourd’hui 300 entreprises est très répandue. Elle génère plus de 8 000 emplois directs, selon Cesar Augusto Modena, chef des opérations de l’Institut.

À travers le pays, on compte plus d’une vingtaine d’instituts. Chacun spécialisé dans des domaines bien spécifiques. Innovation et recherche, c’est le dénominateur commun de ces infrastructures à travers lesquelles s’exprime la vision d’un Brésil émergent, en pleine crise politique, certes, mais nourri par la volonté de s’imposer au rang des pays développés. « Il est prouvé que 30% des champs professionnels d’aujourd’hui n’existaient pas il y a dix ans. Et 65% de nos enfants exerceront demain des métiers qui n’existent pas encore », explique l’ingénieur Vitor Nardelli, coordonnateur de l’Institut SENAI d’innovation et de solutions intégrées en métalo-mécanique sous le regard attentif de madame Durcé visiblement émerveillée en découvrant ce « nouveau monde ». Pour le spécialiste, il s’agit d’anticiper les défis de demain en investissant dans la recherche et la formation. À travers la (BNDES), une banque publique de développement, un peu plus de 1,5 milliard de dollars sont récemment investis dans le secteur.

La responsable de l’Institut national de la formation professionnelle compte sur l’expertise des Brésiliens dans les domaines de la mécanique automobile, la construction civile, la réfrigération et climatisation, la couture industrielle, la boiserie, entre autres, pour offrir de meilleures formations aux jeunes Haïtiens. L’élaboration et l’orientation du projet, selon madame Durcé, s’appuient sur les recommandations de plusieurs rapports d’études réalisées durant ces 10 dernières années sur les filières porteuses. Elle cite notamment celui du « Groupe de travail sur la compétitivité publié en juillet 2009 sous l’administration Préval. Si, pour l’instant, la directrice générale de l’INFP n’est en mesure d’annoncer aucune date de lancement des travaux, « d’ici octobre 2018, les 3 centres devraient accueillir ses premières promotions », affirme-t-elle.

« Construire des centres de référence dans le pays, c’est rendre le secteur privé haïtien plus compétitif. Car la formation professionnelle et technique représente aujourd’hui le bras armé du développement », rêve Maguy Durcé après avoir contemplé les efforts du géant de l’Amérique du Sud qui maintient son cap vers le développement.

Lancé le 14 juillet 2016 par l’ancien secrétaire d’Etat à la formation professionnelle Jean David Génesté, ce même projet ciblait la population des Cayes où il était prévu la construction d’un complexe sur plus de 10 hectares, destiné à la formation des jeunes dans 28 filières.

Robenson Sanon source Le Nouvelliste

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